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Mediapart
Commentaire de Mifilioli
Merci pour ce chat, pour votre travail et soutien au peuple et à la jeunesse algérienne;
La rédaction de Mediapart
Merci. Ce tchat s'arrête maintenant. A bientôt
Commentaire de Thomas
Le mouvement de contestation est-il (presque) exclusivement composé de la jeunesse ? Les catégories plus âgées sont-elles représentées ?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @Thomas, la jeunesse est la plus mobilisée parce que l’Algérie est un pays de trentenaires dirigés par des octogénaires. Mais les anciens sont bien présents. Beaucoup se sont même surpris à descendre dans les rues alors que comme beaucoup, ils avaient, désabusés, accepté un nouveau mandat. Portés par ce formidable élan populaire.

Commentaire de Onetwothree
Bonjour,
Merci pour votre travail. Quelle est la place des franco-algériens dans cette mobilisation et leur position vis-à-vis de ce mouvement inattendu ? Merci.
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @onetwothree
Depuis le début, la diaspora algérienne est très mobilisée en France contre ce cinquième mandat mais aussi au Canada, en Belgique… En France, où l’on compte de 2,5 à 4 millions de personnes de nationalité ou d’origine algérienne, la diaspora vivant à Paris (mais aussi Toulouse, Marseille, etc) s’est déjà rassemblé massivement trois dimanche et remet le couvert ce dimanche 9 mars. 
Commentaire de Hbess
Merci encore Mediapart,
De quelles puissances l'Algérie est-elle dépendante économiquement, et sont-elles suceptibles de peser, en bien ou mal, sur les choix du régime?
René Backmann
L'Algérie est dépendante de tous ses clients et fournisseurs. Par exemple de la France et de la Chine. Mais cette dépendance n'implique pas une obéissance, et il n'est pas certain non plus que les fournisseurs en question aient l'intention d'exercer des pressions sur les choix algériens. En tout cas pas pour le moment. En cas de déstabilisation réelle du pays, mettant en cause par exemple les livraisons de gaz aux clients étrangers, ces conditions pourraient changer.
Commentaire de Carasco
Super Mediapart et merci pour ces échanges ! Continuez à nous informer svp c'est très important, je suis cette actualité tous les jours. Je suis née en Algérie (Bouira, Kabylie).
La rédaction de Mediapart
Bonjour Carasco, merci beaucoup pour votre message et votre soutien. Nos journalistes travaillent pour vous informer au mieux sur la situation, merci de continuer à nous lire ! 
Commentaire de Mifilioli
Re bonjour,
Certains commentateurs sous-entendent que le silence de Paris pourrait-être interprété aussi comme un soutien tacite à Bouteflika. Qu'en pensez-vous ?
René Backmann
Sur cette question, vous pouvez lire mon article de cette semaine : "Crise à Alger, silence à Paris"
Face à la candidature factice d'un président incapable de gouverner, absent et muet, ainsi qu'à la colère d'un peuple qui refuse cette mascarade, l'Élysée et le Quai d'Orsay avaient le choix entre garder le silence, c'est-à-dire apporter un soutien inavoué au régime, ou prendre position, ce qui les exposait à l'accusation d'ingérence.
Mediapart | René Backmann
Commentaire de LPL
Bonjour, existe t'il des prises de position de la communauté internationale comparable a celles de la crise au Vénézuela ? (Outre les "copeaux de langue de bois" de la France.
Merci d'avance
René Backmann
L'union européenne et les Etats-Unis notamment ont appelé à respecter les droits des citoyens algériens. Ces conseils seraient plus crédibles s'ils s'appliquaient également à l'Arabie Saoudite et aux Etats du golfe notamment. 
Commentaire de Teeloom
Bonjour, Pourriez-vous m’éclaircir sur les modalités de la démocratie algérienne ? Comment se déroulent les élections ? Quel est le rôle de l’armée ?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @Teeloom
Si en apparence, le processus semble démocratique, il ne l’est pas du tout en réalité. Il est biaisé et faussé. C’est bien pour cela d’ailleurs si aujourd’hui les Algériens défilent par centaines de milliers à travers le pays. Ils disent stop à la mascarade, à la parodie démocratique. Depuis vingt ans sous Bouteflika mais aussi bien avant lui, le régime algérien a soigneusement éliminé toute contestation politique, privant aujourd’hui le pays d’alternative politique sérieuse. Les Algériens ne sont pas dupes et ne se déplacent pas voter. Les élections en Algérie sont marqués par un des taux d’abstention n les plus forts au monde;
Commentaire de Laurent
Bonjour, quel rôle joue les syndicats algérien dans la mobilisation actuelle ?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
@Laurent
En Algérie, le grand syndicat censé représenter les travailleurs s’appelle l’UGTA (union générale des travailleurs algériens), il est dirigé par le même homme depuis… 1997 et cet homme est totalement affidé au pouvoir : Abdelmadjid Sidi Saïd, partisan du cinquième mandat, auteur de grandes déclarations d’amour à une présidence à vie de Bouteflika. Il a d'ailleurs cette semaine menacé de représailles les familles qui n'iraient pas voter. C’est la démonstration encore une fois de ce que le régime Bouteflika a réussi à faire en vingt ans : éteindre toute contestation syndicale et réduire la force syndicale à néant. Les syndicats autonomes en savent quelque chose : beaucoup de leurs membres ont été réprimés, emprisonnés par le régime. Avec la révolte, la donne est en train de changer au sein même de l’UGTA.  Plusieurs branches locales ou syndicats qui lui sont affiliés à l'UGTA ont apporté leur soutien aux manifestants. De nombreux syndicats autonomes rejoignent la contestation comme dans l’éducation, la santé.
Commentaire de amine
Certains voient dans ces manifestations "spontanées" une manipulation, soit du système en place pour reporter les élections et ainsi en profiter encore un temps, soit de puissances étrangères qui voudraient déstabiliser le pays pour pouvoir in fine en faire une zone d'influence. Est ce crédible ?
René Backmann
Il faut toujours se méfier des explications complotistes. Le mouvement de protestation contre la cinquième candidature de Bouteflika est manifestement spontané. On ne voit pas par ailleurs quel bénéfice tirerait le pouvoir actuel de ces manifestations. Il n'a pas besoin d'un tel artifice pour retarder ou annuler la consultation électorale. Soyez rassuré, ce mouvement émane bien du peuple. 
Commentaire de Mateo
Bonjour, C'est une super initiative que de proposer de répondre aux questions des lecteurs. Allez vous le faire pour d'autres sujets ? Merci
La rédaction de Mediapart
Bonjour Mateo, merci beaucoup pour votre soutien ! Selon l'actualité, nous organisons régulièrement des tchats avec les journalistes de la rédaction. 
Commentaire de Serdan
Il est faux de dire que les personnels politiques français n'ont pas réagi. Jean-Luc Melenchon a donné son avis dans sa revue de presse... Ma question : peut-on arriver en Algérie à la même chose qu'en Égypte ?
René Backmann
Si la question porte sur la possibilité de l'arrivée au pouvoir des militaires, la réponse est oui, directement ou indirectement. C'est-à-dire à travers une personnalité civile désignée et soutenue par l'armée. Mais contrairement à l'Egypte, il n'y a pas en Algérie, de force politique comparable aux Frères musulmans qui avaient été élus, et qui ont été chassés du pouvoir par les militaires. 
Commentaire de Jean
Bonjour, pouvez vous nous expliquer succinctement le rôle de la collusion entre l’armée, la manne pétrolière et le gouvernement ? (Si rôle il y’a, et collusion il y a)
René Backmann
Succintement il est impossible de répondre à cette question. Il y a sur Mediapart une multitude d'articles qui y répondent.
L'horizon s'assombrit un peu plus pour l'Algérie. Alors que son " économie de bazar " est plombée par l'effondrement du prix du pétrole, la succession du président, âgé et impotent, s'organise dans une opacité totale. Et la jeunesse, atout majeur du pays, hésite, privée d'avenir, entre l'exil et le repli sur la religion.
Mediapart | René Backmann
Commentaire de Laurent
Bonjour, quel est le rôle des journalistes algériens dans ce soulèvement ? Ont ils les moyens de s'informer et d'informer par des canaux alternatifs?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @Laurent
Le rôle des journalistes est très important dans ce pays où il est très difficile de faire ce métier. Et leur colère aussi. Depuis le début du mouvement, la profession est en ébullition dans les médias privés aux mains d’hommes d’affaires proche du pouvoir comme dans les médias publics totalement soumis au régime. Plusieurs journalistes ont démissionné dans l’audiovisuel public refusant de passer sous silence ces événements historiques ainsi que l’exigent leurs directions. Des rassemblements ont eu lieu à Alger pour dénoncer la censure. Les sanctions n’ont pas tardé : deux médias Echorouk et El Bilad sont privés de publicité pour avoir couvert les événements.
La Rédaction De Mediapart
Vu le grand nombre de questions reçues, nous prolongeons le Tchat jusqu'à 13h30.
Commentaire de Nas
Bjr,
Je suis franco-algérien et suis avec ma famille vivant dans les Aurès l'actualité s'y déroulant. Je dois m'y rendre d'ici la fin avril. Que pensez-vous des risques potentiels, inhérents à cette crise politique, qu'il pourrait y avoir en cette période de scrutin (si ça n'est pas annulé)?
René Backmann
Rien ne s'oppose à du tourisme militant en Algérie : les manifestations se sont déroulées dans un calme total. Le plus difficile restant d'obtenir un visa. 
Commentaire de Hbess
Merci Mediapart,
Y a t'il une/des tentatives de coordination de la contestation, par des acteurs de la société civile, des associations?
René Backmann
Comme d'habitude en Algérie tout est informel. Des plateformes de coopération et de discussion sont en train de se mettre en place à tous les niveaux, notamment parmi les universitaires et les artistes.
Commentaire de Selim
Quel avenir peut avoir dans un avenir proche sans Bouteflika, va telle pouvoir profiter de la fin de son époque pour rattraper ces retards dans de nombreux domaines ?
René Backmann
La question est de savoir si le successeur éventuel de Bouteflika acceptera ou non, de changer le mode de gouvernance de l'Algérie. C'est-à-dire de passer d'un régime de rente politique et économique à un système réellement démocratique. L'exigence des manifestants va dans ce sens. La pesanteur du système va dans le sens inverse. 
La Rédaction De Mediapart
Plusieurs personnes nous alertent sur l'impossibilité d'envoyer une question. Evitez d'utiliser des caractères spéciaux ou d'envoyer des messages trop longs ! Merci pour votre patience.
Commentaire de Isabelle
Quelle union entre femmes et hommes dans ce soulèvement ?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @Isabelle
Depuis le début du mouvement, de ce côté-ci, en Occident, revient la ritournelle : “mais où sont les femmes ?». Elles sont bien présentes dans les manifestations, pas seulement aux balcons. Il suffit de regarder les vidéos des manifestations sur les réseaux sociaux. Certes, les hommes sont plus nombreux mais c’est bien l’Algérie dans toute sa diversité qui manifeste. Avec au premier rang : les jeunes, qui constituent la moitié de la population (plus de 20 millions de personnes). Regardez ces deux protfolios : https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/alger-la-blanche-noire-de-monde https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/place-de-la-republique-paris-ne-veut-plus-voter-pour-un-cadre-l-algerie-n-est-pas-une-monarchie
Commentaire de Graindeville
Le soutien du peuple français à l'aspiration à la démocratie du peuple algérien n'est-il pas bien plus déterminant qu'une prise de position officielle du gouvernement français? Qu'en est-il est de de la liberté de la presse en Algérie ?
René Backmann
Le soutien du peuple français n'est pas encore très visible pour le moment. Quant à la presse algérienne, elle a une assez grande marge d'expression, qui peut se réduire rapidement en période de crise. 
Commentaire de Serdan
Bonjour. Quelles sont les alternatives 'autorisées' et 'acceptées' par le pouvoir et/ou par l'armée ?
René Backmann
Bonjour, nous avons déjà répondu à cette question un peu plus tôt dans ce tchat. Il est vrai que c'est une question centrale en Algérie.
Commentaire de Olivier
Le soulèvement est-il essentiellement localisé à Alger où s’étend-il dans tout le pays ?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @Olivier
Le soulèvement n’est pas localisé à Alger, loin de là. Il traverse tout le pays, les grandes villes, Alger, Oran, Constantine, la Kabylie, réputée frondeuse, mais aussi les petites localités et les campagnes, à l’est, au sud, où fleurissent les mêmes slogans sinon d’autres.
Commentaire de Lemort Didier
Bonjour, Un risque " islamiste dur " est-il à craindre ?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi 
Bonjour @Lemort Didier
Les Islamistes sont pour l’heure très discrets quant à la révolte. Et leur force n’est plus politique mais sociétale où l’idéologie a infusé partout dans la société.  Il faut savoir qu’en Algérie, après la sanglante décennie noire et la guerre avec les groupes armés islamistes, le pouvoir algérien a neutralisé les partis islamistes. Il les a même inclut dans le système, ce qu’il fait qu’ils sont aussi décriés.
Commentaire de Amine
Ce soulèvement pacifique peut il basculer dans la violence compte tenu de l'obstination du "système" à vouloir maintenir son candidat et garder ainsi la main mise sur le pouvoir. Dans ce cas un scénario à la 90 pourrait il se reproduire ?
René Backmann
Oui le risque existe mais comme nous l'avons déjà relevé, les 200 000 morts des années 90 ont un caractère très dissuasif. La clé est sans doute entre les mains des militaires. Pour l'instant, les forces de sécurité se sont montrées relativement modérées dans leur réaction. Il y a même eu quelques scènes de fraternisation entre manifestants et policiers. 
Commentaire de CCBRRZ
Bonjour, Bouteflika peut-il vraiment être élu par le peuple s'il se présente? Je ne comprends pas tout, si le peuple est contre lui, y a-t-il un problème à le laisser se présenter et ainsi l'évincer de la scène politique par le vote? Merci Cyril
René Backmann
Une partie de la réponse viendra demain avec l'attitude des manifestants dans la rue. Par ailleurs, l'annonce de nouvelles élections dans un délai d'un an peut avoir jeté un certain trouble au sein de l'opposition qui pourrait être tentée d'accepter cette solution pour éviter une crise violente. 
Commentaire de Farid
Si les élections sont interrompues et que tout le système est anéanti, qui va reprendre le flambeau pour une nouvelle constituante?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @Farid
Vous pourrez bientôt lire cet article sur Mediapart ! Sans faire de la politique fiction, plusieurs scénarios peuvent se produire. Le premier : Bouteflika rentre de Genève, fait campagne toujours invisible sans discours, est élu et il met à exécution (ou plutôt ceux qui l’entourent) sa promesse faite dimanche dernier de lâcher le pouvoir avant la fin du cinquième mandat au terme d’un grand débat national qui entérinerait l’organisation de nouvelles élections anticipées. Cela laisse du temps aux clans au pouvoir pour assurer la permanence du régime. Deuxième scénario : le cercle présidentiel renonce à la candidature du président “empêché” par la maladie et l’âge et sous pression de la rue. Le second : un décès du président algérien toujours hospitalisé à Genève et décrit comme “sous menace vitale permanente”. Dans ce cas-là, la Constitution prévoit que le chef du Sénat, l’octogénaire Abdelkader Bensalah, assume la charge de l’Etat pendant un intérim de 90 jours maximum au cours de laquelle des élections sont organisées.
Commentaire de Ka
On ne peut rien prédire mais quelles sont les forces en jeu pour que les manifants l'emportent ?
René Backmann
Les manifestants sont très résolus et très nombreux. Mais l'Algérie a payé dans les années 90 de 200 000 morts la précédente crise politique. Ce qui a vacciné les algériens contre la tentation de la violence. Mais nous n'avons aucune garantie sur l'attitude de l'armée et des forces de sécurité.
Commentaire de Kamel
Même si Paris est silencieuse peut on imaginer qu un nouveau régime soit mis en place sans la "touche" de la France ?
René Backmann
On peut parfaitement l'imaginer. Jusqu'à présent la France a été passive dans les changements de régime en Algérie. Elle s'est contentée d'admettre les choix dans lesquels elle n'avait aucune part. Compte tenu de l'histoire, il n'y a rien d'étonnant à cela. https://www.mediapart.fr/journal/international/070319/france-algerie-crise-alger-silence-paris 
Commentaire de Sébastien
Quelles seraient les alternatives à Bouteff ?
René Backmann
Pour l'instant aucune personnalité alternative n'a émergée. Ni du système du pouvoir, ni de l'opposition. 
Commentaire de Lazare
Bonjour, qui est réellement dernière Bouteflika? Il semble evident qu'il ne se represente pas de son propre chef. Pourquoi les personnes derrière ne se présentent pas elles directement au lieu de continuer cette mascarade? Quel intérêt de cette marionnette?
René Backmann
Le pouvoir en Algérie résulte d'une convergence de forces multiples, formelles et informelles, civiles et militaires. L'homme qui l'incarne est le résultat du choix momentané et provisoire des responsables de ces forces. C'est pourquoi il est si difficile de choisir un successeur éventuel à Bouteflika et de comprendre qui détient réellement le pouvoir. 
Commentaire de Hbess
Bonjour,
Le soutien des moudjahidines au peuple algérien peut-il modifier la donne vis-à-vis de la position de l'état-major de l'armée ?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @Hbess
Le cinquième mandat d’un président malade, invisible, qui n’est plus en capacité de gouverner, et qui n’a pas parlé au peuple depuis mai 2012, soit sept longues années, a été le détonateur, l’étincelle d’une révolte qui grondait depuis des années. Régulièrement, des mouvements sociaux, des manifestations ont secoué le pays ces dernières années sans qu’il n’y ait de convergences entre toutes ses luttes. Si l’Algérie est passée en travers de ce que l’on appelle “les printemps arabes”, c’est d’abord parce que les Algériens ne voulaient pas renouer avec la violence, qu’ils ont éprouvé durement pendant la décennie noire. Ensuite, la figure de Bouteflika n’est pas honnie comme celle d’un Ben Ali ou Moubarak et en Algérie, le régime et ses gouvernements successifs ont massivement redistribué les revenus issus des revenus des hydrocarbures, achetant ainsi la paix sociale.
Commentaire de Moussa
Les promesses prétendument faites par Bouteflika viennent-elles de lui ou plutôt de son entourage vu son état de santé ?
René Backmann
Les promesses viennent de son entourage mais il en assume la responsabilité. Ceux qui ont formulé les promesses jouent sur le fait qu'elle soient assumées par le président. Qu'il en ait été l'auteur est tout sauf certain. À noter : le délai d'un an avant la nouvelle élection ne figurait pas dans son propre texte, mais dans le commentaire de son directeur de campagne.
Commentaire de Flo
Bonjour,sommes nous certains que le président est toujours en vie,merci
René Backmann
Nous ne sommes certains de rien. Mais disons que la diplomatie internationale qui a des moyens d'information fiables tient Bouteflika pour totalement impotent, inapte a s'exprimer mais vivant. Ce qui pose question c'est son aptitude ou non a prendre des decisions; Il semble pour l'instant que ce ne soit pas garanti: on pourrait decider pour lui...
Commentaire de Pierrot
Bonjour, s'agit-il vraiment d'un "soulèvement" ? Ou bien emploit-on ce mot parce que c'est un désir très fort de le voir se réaliser ?
La rédaction de Mediapart
Rachida El Azzouzi
Bonjour @Pierrot, il s'agit bien d'un soulèvement, d'un "mouvement massif de révolte", inédit en vingt ans de règne d'Abdelaziz Bouteflika. C'est même la première fois depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962 que nous assistons à un mouvement d'une telle ampleur, avec une telle répétition des manifestations, marches, rassemblements, à travers le pays dont la capitale où manifester est strictement interdit depuis 2001. Jamais depuis la guerre de libération contre la France, l'Algérie s'était levée comme un seul homme (et une seule femme;) avec une seule et même revendication : non au cinquième mandat d'un président à bout de souffle ainsi que le système qu'il incarne.
Commentaire de Nato
Bonjour,

Pourquoi les politiques français s’expriment si peu voir pas du tout sur l’Algerie et les événements qui s’y déroulent ?

Merci.
René Backmann
Bonjour
Question complexe a laquelle Mediiapart tente de repondre ce matin mais on peut dire que Paris de veut ni etre accusé de soutenir ke pouvoir ni de s'immiscer dans une crise interne a l'Algerie. Disons que Paris manque de courage, compte tenu de l;;histoire des relations entre les deux peuples. 
La Rédaction De Mediapart

Bonjour, Bienvenue sur le tchat « Algérie: le réveil d’un peuple ». Rachida El Azzouzi et René Backmann attendent vos questions